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Le PEL est l’un des pires placements en 2026 (et voici pourquoi)
Le Plan Épargne Logement (PEL) fait partie des placements les plus répandus en France. Beaucoup d’épargnants en possèdent un, parfois ouvert depuis des années, souvent conseillé par leur banque, et rarement remis en question.
Le PEL est perçu comme un placement sûr, rassurant, réglementé. Mais en 2026, la réalité est très différente :
Le PEL est devenu un placement très peu efficace pour faire fructifier son épargne.
Et ce, même avec un taux affiché à 2 %.
Comment fonctionne réellement un PEL ?
Le PEL n’est pas un produit d’investissement. C’est un produit d’épargne réglementée, conçu à l’origine pour :
- préparer un projet immobilier,
- donner accès à un prêt épargne logement,
- constituer une épargne sur une durée encadrée.
Son fonctionnement est rigide :
- un taux fixé à l’ouverture,
- un plafond de versement (61 200 €),
- une durée minimale et maximale,
- un retrait qui entraîne généralement la clôture,
- une prime d’État qui a quasiment disparu pour les PEL récents.
À l’origine, le prêt PEL pouvait être intéressant. Aujourd’hui, dans la majorité des cas, les taux du prêt PEL sont moins compétitifs que les taux immobiliers du marché.
Le PEL est donc devenu un produit administratif, et non un outil patrimonial performant.
Le piège du taux affiché : brut ne veut pas dire net
En 2026, les nouveaux PEL affichent un taux de 2 % par an. Ce chiffre rassure beaucoup d’épargnants.
Mais ce taux est brut.
Dans la réalité, les intérêts du PEL subissent :
- 17,2 % de prélèvements sociaux,
- puis l’impôt sur le revenu (ou la flat tax selon la situation).
Le rendement réel d’un PEL à 2 % brut tombe autour de 1,4 % net.
Pour les anciens PEL à 1 %, 1,5 % ou 1,75 %, le rendement net est souvent inférieur à 1 %.
Autrement dit : le taux affiché n’est pas le rendement réellement perçu.
Pourquoi ce faible rendement pose un vrai problème sur le long terme
Le problème du PEL n’est pas qu’il fasse “perdre de l’argent” visiblement. Le problème est qu’il empêche surtout d’en gagner.
Prenons un exemple concret.
Un épargnant place 61 200 €, le plafond du PEL, pendant 20 ans.
Sur un PEL, avec un rendement net d’environ 1,4 %, le capital atteint environ 80 700 €.
Sur un support prudent bien choisi, comme un fonds euro performant ou des obligations de qualité, avec un rendement net autour de 3 %, le capital atteint environ 110 600 €.
Sur un portefeuille diversifié, piloté sur le long terme (ETF, obligations, diversification internationale), avec une hypothèse prudente de 6 % net par an, le capital atteint environ 196 300 €.
La différence entre le PEL et une allocation diversifiée bien pilotée dépasse 115 000 €.
Sans investir plus. Sans prendre de risques excessifs. Uniquement à cause du choix du support.
C’est ce qu’on appelle le coût de l’inaction patrimoniale.
Le même raisonnement s’applique aux comptes à terme (CAT)
Beaucoup d’épargnants remplacent le PEL par un compte à terme. Les CAT affichent souvent des taux entre 2 % et 3 % brut.
Mais une fois la fiscalité appliquée, le rendement net est très proche de celui d’un PEL.
L’épargne reste bloquée sur un support peu performant pendant de nombreuses années.
Changer le nom du produit ne change pas le résultat : le problème reste le rendement net et la durée.
Le vrai rôle d’un conseiller en gestion de patrimoine
Le rôle d’un bon conseiller n’est pas de promettre des rendements irréalistes. Il est d’éviter à ses clients de laisser leur épargne dormir au mauvais endroit pendant 10, 15 ou 20 ans.
Un bon patrimoine ne s’empile pas. Il se structure, s’adapte aux objectifs, et se pilote dans le temps.
Le PEL peut avoir eu du sens à une époque. En 2026, il est très souvent conservé par habitude, et non par stratégie.
Faut-il clôturer son PEL ?
Chaque situation est différente. Mais dans beaucoup de cas, le PEL n’a plus aucun rôle stratégique :
- le projet immobilier est déjà réalisé,
- le prêt PEL n’est pas utilisé,
- le rendement est trop faible,
- l’épargne pourrait être beaucoup plus efficace ailleurs.
La question n’est pas : “Le PEL est-il sécurisé ?”
La vraie question est : “Est-ce le meilleur endroit pour laisser cette épargne pendant encore 10 ou 20 ans ?”
Conclusion : le PEL rassure, mais il pénalise à long terme
Le PEL est rassurant psychologiquement. Mais financièrement, sur le long terme, il est devenu l’un des placements les moins efficaces.
Le vrai risque n’est pas de dynamiser son épargne. Le vrai risque est de la laisser dormir sur un support inadapté.
Si vous possédez un PEL ou un compte à terme depuis plusieurs années, il peut être très pertinent de réévaluer sa place dans votre stratégie patrimoniale globale.
Clément Bieber Conseiller en gestion de patrimoine indépendant Accompagnement patrimonial structuré, piloté dans la durée


